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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:52
 
 Ce jour là, j'étais complètement paumé dans le maquis.
 
Tel un bulldozer, je m'étais enfoncé dans une végétation dense où très vite je fus cerné de broussailles épineuses qui avaient décidé de stopper ma progression. Elles semblaient me faire comprendre qu'on ne pénètre pas impunément sur leur territoire en short et en tee-shirt comme un touriste qui se croit partout chez lui.
En me griffant les jambes et les bras, elles me firent tomber sur le sol sec et rocailleux au pied d'un arbousier qui se marrait de me voir bouffer la garrigue par les racines.
Pris d'une suée d'angoisse, je me suis dit que le massif des Maures allait devenir le massif du mort et qu'il était temps de reprendre mes esprits pour retrouver la sortie de ce piège inextricable où j'étais loin de dire que je tenais le bon bout.
 
 Car, c'est évident, dire que l'on tient le bon bout sous-entend qu'on en a tenu un mauvais, comme moi à ce moment.
Alors, assis sur une grosse pierre, je raisonne comme je le faisais en MATHernel SUPérieure.
" Il y a forcément deux bouts à chaque chose. Le mathématicien les appelle : le plus et le moins. D'autres, atteint de démesure aiguë, les nomment: l'infiniment grand ou petit... Donc puisque je suis rentré par un bout dans ce cul de sac, il y a un autre bout quelque part...
Oui, mais qu'elle est la chose que l'on trouve entre ces deux bouts ?
On ne trouve rien puisque le mathématicien écrit zéro... Ça me rassure de savoir que mon calvaire n'est rien !
Et à quoi sert ce zéro, cette nullité ?...Simplement à valoriser les bouts."
 
Donc, je peux affirmer mon premier principe à retenir :
a) Tout a deux bouts.
b) Le rien existant entre les bouts valorise les bouts.
 
Épuiser par cette découverte, je cherche les bouts les plus prestigieux connus à ce jour avant de m'atteler à trouver mon issue de secours.
Je trouve: l'homme et la femme, le grand et le petit, le riche et le pauvre, le laid et le beau, le gros et le mince, le dieu et le diable, la naissance et la mort, en me persuadant que la croyance valorise dieu et diable et que la vie valorise la naissance et la mort.
Oui mais si on tourne en rond comme moi en ce moment, où sont les bouts ?
 
Il faut reconnaître que la question est cruciale et pose un sérieux problème. Essayez de trouver des bouts à un cercle, vous.. On a beau le prendre par n'importe quel bout, on n'en voit pas.
La terre, par exemple, de chez moi, je n'en vois pas le bout....SAUF, si je pars de chez moi (un bout), que je fasse le tour de la terre et que je revienne chez moi (même bout).
...Mais c'est magnifique, je viens de découvrir un second principe:
Les deux bouts des choses sont identiques
Et la terre, dans tout ça, elle sert à quoi ?... Et bien elle sert à valoriser mon chez moi, c'est tout.
 
Du coup, heureux comme Archimède qui gueulait : "Euréka, j'ai trouvé", je quitte mon siège inconfortable car il est temps de fuir cet endroit nul en descendant la pente embroussaillée dans l'espoir de trouver le lit d'un ru qui voudrait rejoindre la mer.
 
 Ces deux théorèmes que je viens de découvrir pour conjurer mon angoisse qui n'est pas rien, me permettent cette affirmation irréfutable:
- Je suis un grand homme mince, riche et beau, comme un dieu naissant.
Cette phrase est d'ailleurs strictement identique à cette autre en vertu du second principe :
- Je suis une petite femme grosse, pauvre et laide, comme un démon mort.
(Je donne cette seconde phrase pour exemple afin que l'élève assimile bien le second principe mais, comme elle ne diffère pas de la première, évitons les répétitions, et ne retenons que la première.)
Et qui valorise cette phrase?... Quel est le zéro, le rien, la nullité que je peux introduire entre mes deux bouts qui n'en font qu'un ?...Et bien, tout naturellement ceci:
            C'est un moyen pédé normal, bourgeois et banal, croyant en la vie.
 
On voit à quel point cette situation est dérisoire face à la grandeur du bout.
Pourtant, et c'est là le paradoxe, il semblerait que le moyen pédé éprouve du plaisir à vivre sa condition.
 
Et voilà, le mot est lâché: plaisir.
Ce mot nous permet de faire la connaissance du dernier grand principe régissant la loi universelle des Hommes :
Les petits riens inclus entre les bouts uniques donnent du plaisir.
 
Cette affirmation bien connue de tous occulte les deux autres trop difficiles à retenir et elle devient, dès lors, le grand principe fondamental de l'espèce humaine.
 
Pour l'instant, ce qui est fondamental pour moi, c'est d'avoir trouver, tout sanguinolent des pieds à la tête, le lit à sec d'un semblant de rigole qui serpente dans la caillasse. Il me mène comme par miracle sur un coupe-feu large de 20 mètres qui met fin à mes tortures physiques et mentales. Je peux enfin retrouver le sourire en même temps que la route où pas un seul automobiliste ne veut me prendre en stop pour faire mes six derniers kilomètres.
 
Pendant cet ultime parcours interminable, je repense, heureux comme Archimède, à mon principe fondamental.
Je venais de le vivre et je l'adoptais en m'apercevant que j'étais un banal bourgeois normal qui croque les plaisirs de la vie.
Mais pas pédé, ça non, pas pédé. Je me suis fais suffisamment baiser comme ça au cours de ma vie professionnelle pour espérer que cela cesse un jour...
Si l'Homme ou la Femme le veut !
 
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Publié par Michel Blondeau - dans Ma théorie
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