Affirmer ma vérité pour mieux me contredire.
Elle était près de moi mais ne me touchait pas...
J'entendais ses soupirs mais elle ne parlait pas...
Elle avait constamment ses yeux inexpressifs;
Qui lorgnaient mon présent en le rendant nocif.
Quand je me déplaçais elle suivait tous mes pas.
Je voulais la chasser mais ne le pouvais pas
Car, petit à petit, devant son insistance,
Je m'étais résigné à sa lourde présence.
Avec elle, je mangeais toujours en tête à tête
Mais elle ne voulait pas que ce soit une fête...
Elle nourrissait ma vie de pain et de conserve
Et, patiente, attendait que ce soit moi qui serve.
Le soir je me couchais avec elle près de moi
Et tous deux on pleurait notre journée sans joie...
Alors, fermant les yeux, j'avais la certitude
De prendre dans mes bras, ma pauvre solitude.