Affirmer ma vérité pour mieux me contredire.
Au cours de ma balade d'hier, il m'est revenu en tête, un texte marrant que j'avais appris dans mon jeune temps.
Sur Internet, je n'ai pas retrouvé ce texte probablement écrit à la fin de la guerre par un chansonnier ou
un crieur de rue... Je le mets sur ce blog. Il est certainement un peu déformé, car ne me rappelant pas de tout, il a bien fallu imaginer.
Bonnes gens, écoutez sans effroi
L'histoire du Petiot qu'avait froid
Et qui trouve le moyen rêvé
De se chauffer à bon marché.
Ce docteur cynique et génial
Possédait le chauffage central.
C'est très pratique à condition
D'avoir un stock de charbon.
Mais hélas, il n'avait par mois
Que cinquante kilos, comme vous et moi *.
Avec ça, vous conviendrez, certes,
Qu'il lui fallait d'autres bûchettes.
Quand un jour lui vint à l'idée
D'employer un succédané :
Un anthracite bien connu
Qui fut découvert par Landru.
Il choisit dans sa clientèle
Des patients de type femelle
En repérant, le plus possible,
Celles qui semblaient bien combustibles.
Il les attirait au sous-sol
Les grisant de belles paroles,
Avec des clins d'œil incendiaires,
Les appelait "ma mie chaudière"
Ou leur disait, l'air malicieux
" Vient chez moi, chérie, ya du feu"
Une malade lui disait:
" - Docteur je ne sais pas c'que j'ai !
Je manque de tempérament
Et suis lâchée par mes amants
Qui me traitent de frigidaire !...
...Qu'alors y faire ?... "
Il répondait plein d'à-propos :
"Calorifère!..J'ai c'qu'il vous faut !...
J'ai un secret, je le dévoile,
Je possède un remède au poêle,
Radical autant qu'énergique,
Le système idéal classique,
Vous n'avez qu'à me faire confiance
Et sitôt la première séance,
Vous serez vite convaincu
Que vous avez le feu ...partout " **.
Lors, quand vint la froide saison,
Il fit ses petites provisions
Et sa clientèle passa
Par ses soins, de vie à trépas.
Moralité:
Ça démontre, sauf erreur,
Que pour réchauffer un docteur,
L'opération la plus urgente
Est de refroidir ses clientes...
Un Anonyme comme je les aime.
* En ce temps là, c'était la restriction.
** Ici, je n'ai pas trouvé la rime.