Affirmer ma vérité pour mieux me contredire.

Vieillir, c'est rajeunir quand je vais chercher loin
Le poupon que j'étais et qui serrait les poings.
Je ne le revois pas mais je pense à ma mère
Qui nourrissait au sein le trésor de sa chair.
Vieillir, c'est rajeunir vers des temps plus précis
Où mon insouciance faisait belle la vie.
C'était la maternelle, mes jeux et mes dessins
Que j'offrais à ma mère en guise de bon point.
Vieillir, c'est rajeunir et me voir à l'école
Assis, les bras croisés, écoutant les paroles
De la maîtresse d'école que je croyais sévère
Mais qui ne l'était pas, me rassurait ma mère.
Vieillir, c'est rajeunir dans la cour du lycée
Où filles et garçons rêvaient de s'embrasser.
C'est là que j'ai connu le cœur qui s'accélère
Sous l'effet de l'amour sans le dire à ma mère.
Vieillir, c'est rajeunir en s'écoutant dire oui
A l'avenir à deux, dans un même logis
En ne prêtant pas garde aux yeux de ma maman
Qui pleuraient tout autant que ceux de belle-maman.
Vieillir, c'est rajeunir quand je revois, heureux,
Ces instants d'une vie que j'enjolive peu...
Vieillir, c'est rajeunir... Ce qui fait qu'à présent,
Je vis dans l'avenir en remontant le temps.
Commentaire de Gérard Manvussa (du Parisien enchaîné) :
Je crois que Papy devrait arrêter ses balades du lundi après-midi avec son ordinateur de poche... Il perd complètement la notion du temps ou alors il cherche à nous embrouiller.