Affirmer ma vérité pour mieux me contredire.

Quelle nuit, les amis !... Je n'ai pas pu dormir...
Mon objectivité a subi le martyr
Car elle dut arbitrer un combat incertain
Entre mes deux cotés masculin-féminin...
Mon coté masculin étant beaucoup plus fort
Roulait ses pectoraux de grand conquistador...
Mon coté féminin se sachant plus cruel
Comptait bien s'imposer en jouant des prunelles...
Au début du combat, je vis le masculin
Qui ne put s'empêcher de faire le malin...
D'emblée, il attaqua et en contant fleurette
Il tend au féminin une jolie pâquerette...
Le cruel féminin lui répond aussitôt
En effeuillant la fleur, dans son coin, en solo...
Il chante des foutaises puis joue tout son va-tout
En terminant son air d'un affreux "pas du tout".
Devant ce coup fatal, le masculin si fier,
Doit plier les genoux et les poser à terre...
Le cruel féminin se voyant implorer,
Baisse lentement sa garde et se croit libérer...
Mais c'est bien mal connaître mon coté masculin
Qui cherche sans arrêt à en venir aux mains...
Il se dresse d'un coup et d'une grande rudesse
Balance, au féminin, une douce caresse.
Mon coté féminin, surpris par la traîtrise,
Hurle à la tricherie; se perd en vocalises...
Du coup, mon masculin voulant temporiser
Vient lui fermer la bouche d'un malicieux baiser.
Quand je vis que le duel tournait au pugilat
Je suis intervenu pour mettre le holà...
Je les ai séparés chacun de leur coté
Et, pour avoir la paix, j'ai dis: "égalité"...
Mes deux cotés, alors, se sont serrés la main
Et, fair-play, s'enlacèrent jusqu'au petit matin...
Ils venaient d'oublier leurs querelles d'un jour
En basculant, chacun, du coté de l'amour.