Aujourd'hui, 1er juin 2007, la lune est pleine. C'est le calendrier qui le dit bien que je n'ai pas
pu m'en rendre compte à cause des nuages chargés de pluie.
Sachant ça, je me dis que si la lune est pleine, elle devrait m'inspirer et me forcer à rêver. Malheureusement,
ses rayons de chaleur ne parviennent pas à illuminer la nuit et à réchauffer le champ de mes pensées.
Je l'ai tant cultivé le champ de mes pensées
Qu'aujourd'hui, appauvri, il ne veut plus donner.
Devant cette carence je le met en jachère
En laissant seulement mes pensées les plus chères
Aller au gré du vent chercher les souvenirs
D'une vie qui s'en va mais ne veut pas mourir.
Je revois dans ce champs de pensées trop fugaces,
Des instants disparus qui ne jamais s'effacent.
La pensée de mon père qui embrassait ma mère,
N'est pas encore flétrie bien qu'à six pieds sous terre.
La pensée de l'enfance et de mon insouciance
N'est pas encore fanée au fond de l'inconscience.
La pensée du bonheur de connaître l'amour
Ne s'est pas abîmée. Je la revois toujours.
La pensée des plaisirs que respire les humains
A les couleurs d'antan dans le creux de mes mains.
La pensée amicale qui est un grand festin
Qui me nourrit la vie que j'hume le matin.
Dans mon champs de pensées que j'ai tant cultivé
La pensée des regrets n'a jamais pu pousser.
Parfois, sans crier gare, je la vois bien germer
Mais en un tour de main, je vais la supprimer.
Quand aux pensées mauvaises qui cherchent à m'envahir,
Je n'ai que le recours de lâchement les fuir.
Je tente cependant, en vain, de les détruire
Sur un tas de fumier, mais sans y parvenir.
Ces pensées sont la guerre et ma complicité
A les entretenir sans pouvoir les tuer.