Aujourd'hui, j'ai ma crise. Je suis un anti-tout
Pour avoir mal dormi à cause d'un toutou.
Je suis le signe moins qui repousse le plus.
Comme un anti-canin, je maudis l'anti-puce.
Je suis anti-coffee au petit déjeuner
Et anti-poétique quand je suis mal luné.
Je suis anti-croyant au bon dieu des cabots
Et anti-démocrate à tout leurs libres sauts.
D'ailleurs j'ai l'antidote pour le décourager
A faire l'antipodiste agile à voltiger.
Je lui gueule dessus bien plus fort qu'il n'aboie
Et mon anti-détente fait qu'il se rassoit.

Je sens que ma semaine va être anti-paisible
Et que je suis parti pour péter un fusible
Car en plus du toutou qui se laisse agiter
On aura le chambard à l'université,
A la SNCF, à la RATP
Et, même dans la foulée, aussi chez les gaziers !
Eux aussi ils s'agitent, on ne sait trop pourquoi ?
A coup sûr, ils voudraient qu'on pleure ou s'apitoie
Sur la dure condition de leur job inhumain
Qu'ils ont pourtant choisi sans leur forcer la main.
Tous ces anti-boulots qui sont une poignée,
Vont bloquer un pays qui voudrait travailler
Sans subir l'anarchie que prônent les syndicats
D'une minorité d'anti-prolétariat.
Et pourquoi, s'il vous plait cette anti-liberté
De donner à chacun le droit d'aller bosser ?
Serait-ce la garantie d'emploi qui vous protège
Ou bien de changer tout, mais pas vos privilèges.
Vous qui vous sentez mal dans la fonction publique
Aller dans le privé voir si c'est l'amérique.
Je suis loin de vouloir être un anti-gréviste.
La grève je l'ai faite deux fois en quarante ans,
Alors que vous, messieurs, les anti-réformistes,
Vous l'a faites souvent, au moins une fois par an.