Affirmer ma vérité pour mieux me contredire.
Elle est dans la cuisine en train de
rêvasser devant son thé fumant du petit déjeuner... Papy pousse la porte…
Papy
"Comment allez-vous bien, ce matin, ma chérie?...
Etes-vous énergique?…Avez vous bien dormi?…
A vous voir observer ces volutes fumantes,
J'en conclu que vous fîtes une nuit reposante
A tel point que, céans, vous partez pourchasser
Vos rêves vaporeux qui se sont éclipsés..."
Mamie
"Non! Mais dis ça va pas!... Deviendrais-tu zinzin
Pour me dire des fadaises tout en alexandrins…
Je crois que l'acte deux du Tartuffe de Molière
Te fais plus divaguer qu'une chope de bière…
Il serait temps, mon bon, de te reprendre un peu
En t'imposant, en prose, un langage moins vieux."
Papy
"Fort bien! Ma douce aimée…Calmez votre courroux,
Car nuls fâcheux débats je ne veux entre nous…
Et si, en cet instant, j'ai pu vous agacer
Serez-vous assez bonne pour me récompenser
En déclamant bien fort que malgré mes fadaises
Je ne suis pas encore à en sucrer les fraises."
Mamie
"Eh! Bien soit, Papy, j'apaise ma colère
Mais à la condition que tu daignes te taire
Et qu'en guise de bonjour, au lieu d'improviser,
Tes lèvres aient le silence d'un tendre et doux baiser."
Rideau