Affirmer ma vérité pour mieux me contredire.
Quel dimanche, aujourd'hui !!!... J'ai fait Paris-Roubaix
Sur mon "faster-than-ligth" invincible et parfait.
Alors, dès le départ, je me suis convaincu
De ne pas me presser ou me casser le cul.
Du coup, j'ai roupillé en faisant du surplace,
Me sachant plus rapide que toutes ces limaces
Qui, sur le sol mouillé, glissaient sur le pavé
Pendant que moi, peinard, je me laissais rêver.
Quand j'ai levé un œil, sur le coup de trois heures,
Ils n'étaient qu'à Wallers tous ces beaux pédaleurs !
J'ai refermé mon œil en étant assuré
De combler mon retard et gagner à Roubaix.
Pendant que mon cerveau calculait le moment
Où je devais fuser sans prendre de l'élan,
Je sus qu'en un clin d'œil j'allais les dépasser
Et que j'aurai la joie de lever le pavé.
Mais soudain mes boyaux m'ont semblé ballonnés
Au point qu'il fut urgent d'aller les dégonfler...
Le temps d'évacuer leur pression élevée,
Je fus dans le caca et ratais l'arrivée.
Bien fait !!!... ça m'apprendra à me croire imbattable
Sur mon "faster-than-ligth" qui fut inexcusable
D'ignorer le conseil que je donne ci-joint :
"Rien ne sert de courir il faut partir à point."
La Fontaine.